Et nous allons découvrir, sur le dessin suivant, qu'il est une troisième manière de nous figurer l'éternel retour.

Pour mieux faire apparaître l’impact de l’éternel retour sur nos existences, plutôt que d'attacher linéairement les anneaux de la chaîne, nous choisissons maintenant de les dessiner de façon à ce qu’ils se recouvrent très exactement les uns au-dessus des autres, se superposant très précisément selon tous leurs paramètres spatio-temporels. (…) Notre univers éternellement renouvelé nous apparait à présent comme un empilement infini d'univers, tous identiques, qui, sur notre dessin, vont se superposer et coïncider exactement au millimètre près, c’est-à-dire, en leur réalité, à la milliseconde près de leur évolution, puisque chaque anneau du dessin n’est pas la figuration seulement spatiale d’un univers, mais représente un univers dans toute son histoire, dans sa dimension spatio-temporelle.

Si bien que ces univers, éternellement recommencés, tout comme nos existences qui s’y déroulent, nous apparaissent désormais comme un empilement d'instants, éternellement renouvelés et toujours les mêmes.

 

                       

 

Chaque point, qui correspond à un instant de notre univers, et donc de notre existence, se superpose à l‘infini, réalisant ainsi une éternisation de cet instant. Puisque chaque point n’occupe aucun espace, on peut les rassembler tous, même répétés à l’infini, en un seul, qui sera comme un « quantum » d’éternité.

(p.56, § 17)