Présentement, la nouveauté est que le Big Bang, et les théories du multivers qui en découlent, confèrent à l'idée de l'éternel retour un sérieux qu'il n'avait jamais eu. Ainsi que nous venons de le voir au chapitre précédent, puisque Big Bang il y a, puisqu’il est acquis que notre univers a une naissance, et tout aussi certainement une fin, il n’apparaît plus tenable d’enfermer le temps dans notre univers – même si, ainsi que nous y avons fait allusion , ce temps « libéré » est un méta-temps auquel il faut se garder d’attribuer à l’identique les propriétés de « notre » temps, celui que nous expérimentons. (…)

Le Big Bang, quelle que soit la réalité précise de son mécanisme, pour ainsi dire impose l’idée de l’apparition d’autres univers, avant et après le nôtre, se succédant dans l’infinité des temps. Dès lors, puisque des univers surgissent, naissent et meurent sans fin, puisqu’en conséquence c’est toute l’immense variété possible des univers qui apparaît et réapparaît, l’idée d’un éternel retour du même s’empare de nos existences.